Feux de batteries lithium-ion : intégration de la classe L dans la norme ISO 3941 depuis le 1er janvier 2026
- Admin FPI2S

- 29 janv.
- 4 min de lecture

Depuis le 1er janvier 2026, la norme ISO 3941 intègre officiellement une nouvelle classification :
la classe L, dédiée aux incendies impliquant des batteries lithium-ion. Cette évolution marque une rupture majeure avec l’approche historique des classes de feux (A, B, C, D, F), qui ne permettaient pas de décrire correctement les mécanismes physico-chimiques propres aux batteries électrochimiques modernes.
L’apparition de cette classe L répond à une réalité de terrain : véhicules électriques, engins de manutention, systèmes de stockage d’énergie (ESS), outils électroportatifs et batteries industrielles sont désormais omniprésents, avec des scénarios d’incendie radicalement différents des feux conventionnels.
Pourquoi les feux de batterie lithium-ion ne relèvent pas des classes de feux traditionnelles
Contrairement à une idée encore largement répandue, un feu de batterie lithium-ion n’est pas un feu d’origine électrique, ni un feu de métal au sens de la classe D.
La batterie lithium-ion :
ne brûle pas le lithium métallique (qui est absent sous forme libre),
contient une énergie chimique stockée,
possède un oxydant interne via la décomposition de l’électrolyte et des matériaux d’électrode.
Une fois initié, l’incendie devient auto-entretenu ou auto-alimenté, indépendamment de l’apport d’oxygène extérieur, ce qui rend inefficaces de nombreux moyens d’extinction classiques.
Mécanisme technique d’un feu de batterie lithium-ion : l’emballement thermique
Le phénomène central à l’origine des incendies lithium-ion est l’emballement thermique
Il se déroule généralement en plusieurs phases successives :
1. Défaillance initiale de la cellule
L’événement déclencheur peut être :
une surcharge électrique,
un court-circuit interne (dendrites, défaut de séparateur),
un choc mécanique,
une élévation thermique externe.
Cette défaillance entraîne une montée en température locale au sein de la cellule.
2. Décomposition exothermique des composants internes
À partir de 120–150 °C, le séparateur polymère commence à se dégrader. Entre 150 et 250 °C, les matériaux de cathode (NMC, NCA, LFP selon les technologies) entrent en décomposition exothermique, libérant de grandes quantités de chaleur.
L’électrolyte organique (carbonates) s’évapore et s’enflamme, générant :
flammes directionnelles,
projections incandescentes,
dégagement massif de gaz.
3. Dégagement de gaz toxiques et corrosifs
Lors de la dégradation de l’électrolyte fluoré, des gaz extrêmement dangereux sont libérés, notamment :
monoxyde de carbone (CO),
hydrocarbures imbrûlés.
Le HF est particulièrement critique : gaz corrosif, toxique par inhalation et capable d’attaquer gravement les tissus biologiques et les équipeme
nts.
4. Propagation en chaîne
Dans un module ou un pack batterie, l’emballement d’une cellule peut provoquer la propagation thermique vers les cellules adjacentes, entraînant un phénomène en cascade, parfois sur plusieurs heures, voire plusieurs jours.
C’est cette réalité qui rend les feux lithium-ion imprévisibles et longs, avec des risques élevés de réinflammation.

La classe L dans la norme ISO 3941 : ce que cela change concrètement
L’introduction de la classe L dans l’ISO 3941 permet enfin :
d’identifier clairement les feux de batteries lithium-ion comme une catégorie spécifique,
d’adapter les doctrines d’intervention,
de distinguer les moyens de lutte adaptés de ceux qui sont inopérants.
Cette classification reconnaît officiellement que ces feux :
ne sont pas assimilables aux feux de solides, liquides ou gaz,
nécessitent une gestion thermique, un confinement et une prévention de la propagation.
Matériels adaptés aux feux de classe L
Extincteurs spécifiques lithium-ion à agent minéral (vermiculite)
Les extincteurs à base de vermiculite exfoliée agissent par :
absorption thermique,
confinement de la cellule,
isolation physique des éléments en combustion.
Ils ne cherchent pas à “éteindre” au sens classique, mais à stabiliser thermiquement la batterie.
Couvertures anti-feu spécifiques sur feux de batteries lithium-ion
Les couvertures anti-feu lithium-ion permettent :
de contenir les projections,
de limiter la propagation aux équipements voisins,
de confiner les fumées et gaz chauds.
Elles sont particulièrement adaptées aux :
parkings,
ateliers,
zones de charge.
Bacs et conteneurs de confinement
Dans les environnements industriels, des bacs de confinement métalliques ou isolants permettent :
d’isoler une batterie en défaillance,
de gérer une combustion prolongée,
de réduire les risques de propagation secondaire.
Former, équiper, anticiper : l’approche FPI2S sur les feux de batteries lithium-ion
Chez FPI2S, l’intégration de la classe L ne se limite pas à un changement normatif. Elle implique :
une analyse des scénarios réels de défaillance,
la sélection de matériels réellement adaptés,
la formation des personnels à des phénomènes complexes et dangereux.
Les feux de batteries lithium-ion ne tolèrent ni l’approximation, ni les solutions génériques. Ils exigent une compréhension technique fine et une préparation rigoureuse.
L’intégration de la classe L dans la norme ISO 3941 ne constitue pas une simple évolution réglementaire. Elle traduit la reconnaissance officielle d’un risque incendie spécifique, aux mécanismes complexes et aux conséquences potentiellement majeures pour les personnes, les installations et la continuité d’activité.
Face aux feux de batteries lithium-ion, l’enjeu n’est plus seulement d’intervenir, mais d’anticiper : identifier les scénarios de défaillance, adapter les moyens de protection, former les personnels et structurer des procédures réalistes. C’est à cette condition que le risque lithium-ion peut être maîtrisé, et non subi.
Chez FPI2S, cette approche repose sur l’expérience du terrain, la maîtrise technique des phénomènes d’emballement thermique et une sélection rigoureuse des solutions réellement adaptées aux feux de classe L.


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